Alors que Hugh Williams fait un retour sur sa carrière, il reconnaît qu’un grand nombre de personnes et de conversations l’ont aidé à établir et parfois à changer l’orientation de son parcours.

Hugh Williams« Plusieurs personnes nous influencent de différentes façons, mentionne M. Williams. Nous n’y pensons pas dans le feu de l’action, mais elles contribuent vraiment à changer le cours des choses dans une vie. »

À l’adolescence, M. Williams était fasciné par la théorie des nombres et il a décidé d’entreprendre des études en mathématiques à l’Université McMaster, située à proximité. Lorsqu’un ancien professeur de mathématiques, M. Watts, lui a offert de visiter l’Université de Waterloo, il a découvert que l’endroit lui convenait encore mieux.

« J’ai eu une entrevue avec le grand Ralph Stanton. Lui et moi avons discuté longuement. Il a été impressionné à un point tel qu’il m’a offert une bourse qui allait me permettre de payer ma première année, a poursuivi M. Williams. J’aimais Waterloo. J’aimais la nouveauté de l’endroit ».

En 1967, l’Université de Waterloo a converti son département de mathématiques en faculté de mathématiques et elle a créé cinq départements distincts, dont celui d’Analyse appliquée et informatique. Don Cowan a suggéré à M. Williams de faire son doctorat en informatique. Cette décision a mis sa carrière en branle.

« L’informatique m’intéressait parce que je voulais comprendre comment on pouvait résoudre les problèmes posés par la théorie des nombres, explique M. Williams. Certains problèmes peuvent être assez compliqués. Wesley Graham a été d’une grande aide pour trois d’entre nous : je parle de Gus German, de Bob Zarnke et de moi-même, qui travaillions sur le problème des bœufs d’Archimède, problème non résolu remontant à environ 220 av. J.-C. De manière plus précise, il nous a donné l’occasion d’utiliser l’IBM 7040, qui était alors l’ordinateur le plus rapide. Une fois que nous avons résolu le problème du bétail, il a beaucoup prôné nos réalisations, et nous sommes ainsi devenus des ambassadeurs du programme d’informatique de l’université. »

Après avoir terminé son doctorat sous la supervision de Ron Mullin, M. Williams a accepté un poste de professeur à l’Université du Manitoba, où Ralph Stanton mettait sur pied un nouveau département d’informatique. Ses recherches demeuraient axées sur la théorie des nombres computationnels, mais les choses ont changé de nouveau en 1976 avec la publication de l’article de Diffie-Hellman intitulé New Directions in Cryptography (Nouvelles orientations en matière de cryptographie).

« À cette époque, la cryptographie était vue comme de la magie noire et non comme une matière universitaire, explique M. Williams. Il était toutefois facile d’obtenir des subventions. J’étais là lorsque tout cela a commencé à évoluer autour de moi. Nous avons découvert des choses – de vraies surprises. Des idées qui semblaient au départ uniquement théoriques, mais qui, finalement, avaient de réelles applications pratiques. Et c’était toujours extraordinaire de le découvrir. »

En 1980, lors d’une visite à l’Université Stanford, l’occasion d’assister à une conférence de Martin Hellman a incité M. Williams à rédiger son article le plus cité sur la cryptographie asymétrique. L’article a été publié dans la revue scientifique IEEE Transactions on Information Theory et a été reconnu dans le cadre des normes ISO/IEC 9796, ANSI X9.31 et IEEE1363 pour la cryptographie asymétrique et les signatures numériques.

« À l’époque, je n’en pensais pas grand-chose, affirme M. Williams. Après la séance, j’ai eu la chance de discuter quelques minutes avec Ralph Merkel, un des étudiants de M. Hellman. Il m’a parlé d’un résultat issu de Harvard. J’ai commencé à y penser et j’ai préparé le document. Tout était dû à une conversation survenue par hasard. »

En 2001, après avoir passé 31 ans à l’Université du Manitoba, M. Williams a été invité à se joindre au Département de mathématiques et de statistique de l’Université de Calgary en tant que président du Cercle d’excellence en recherche informatique de l’Alberta (iCORE) en théorie algorithmique des nombres et en cryptographie. Il a joué un rôle déterminant dans l’établissement de l’un des principaux centres de recherche canadiens en cryptographie et en sécurité de l’information.

Même s’il a officiellement pris sa retraite en 2016, il poursuit ses travaux de recherche et il collabore avec des étudiants et d’autres chercheurs. Il considère que les étudiants qu’il a formés et encadrés constituent la partie la plus importante de sa carrière.

« Les étudiants comptaient le plus pour moi, dit-il. Je pouvais leur enseigner et observer leur intérêt grandir. C’était un peu comme être un parent. Mon moment préféré était lorsqu’un étudiant se présentait à mon bureau avec un résultat informatique pour que je l’aide à comprendre ce qu’il en était. »

Ses étudiants, ses projets de recherche et ses nombreuses réalisations sont autant de sources de fierté pour Hugh Williams.

« Nommer une réalisation particulière, c’est comme essayer de choisir un enfant préféré, explique-t-il. Ils appartiennent à différentes époques et à différents pans de ma vie. En vieillissant, l’un des plaisirs consiste à pouvoir regarder en arrière et constater la portée de toutes ces réalisations. »

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