Professeure émérite, École de sciences informatiques
Université Simon Fraser

Mme Stella Atkins s’est jointe à l’USF comme professeure adjointe en 1985 et y a travaillé jusqu’à sa retraite en 2010. Au cours de sa carrière, elle a notamment créé des équipes interdisciplinaires réunissant des professionnels de la santé, des scientifiques et des ingénieurs dans le but d’améliorer les soins de santé par le biais de la recherche, de l’enseignement et de partenariats avec l’industrie. Les retombées de son travail ont une grande portée; ses nombreux anciens étudiants et collègues ouvrent maintenant la voie vers une meilleure interprétation des images médicales, une meilleure formation en chirurgie et des diagnostics et un suivi plus précoces pour plusieurs maladies.

Ses premiers travaux d’étude sur l’interaction entre les radiologistes et les films d’images médicales en 2D ont contribué à mettre au point des systèmes modernes qui permettent aux radiologistes d’interagir et d’analyser les images numérisées en 3D d’IRM et de TDM qui s’affichent sur bon nombre d’écrans. L’analyse par son équipe d’images de têtes obtenues lors d’examens par IRM a abouti à l’élaboration de méthodes pratiques pour mesurer la quantité de plaque dans le cerveau, permettant ainsi un diagnostic précoce de la sclérose en plaques (SP) et de l’atrophie cérébrale, ce qui améliore l’état de santé des patients.

En examinant la manière dont les radiologistes traitent les images numériques d’IRM et de TDM, Mme Atkins s’est intéressée à une nouvelle technologie qui analyse le mouvement des yeux grâce à des lunettes ou des caméras placées sous un écran. Cette recherche a permis de mieux comprendre la manière dont les radiologistes parcourent des yeux les nombreuses « tranches » numériques en 2D de structures corporelles en 3D à la recherche de potentielles lésions. Les méthodes utilisées pour améliorer la précision et l’efficacité des diagnostics ont été élaborées à partir des recherches menées par son équipe.

D’autres applications d’oculométrie sont utilisées dans le domaine médical depuis 2002 grâce à des collaborations avec des chirurgiens et des chirurgiens stagiaires. L’équipe de Mme Atkins a été la première à utiliser l’oculométrie dans le cadre de chirurgies laparoscopiques pratiquées à l’Université de la Colombie-Britannique. Elle a ainsi pu faire d’importantes découvertes concernant la manière dont les chirurgiens examinent l’image en 3D de l’intérieur d’un corps sur un écran 2D et la manière dont ils développent leur coordination oculomanuelle. Elle a également pu comprendre comment concevoir les simulations virtuelles d’interventions chirurgicales pour produire de meilleurs résultats d’apprentissage. Ces travaux de recherche se poursuivent sous la direction du Dr Bin Zheng, directeur et responsable du département de la simulation chirurgicale à l’Université de l’Alberta, et ont donné lieu à de nombreuses idées novatrices visant à améliorer la formation en chirurgie.

À la fin des années 1990, Mme Atkins a entrepris d’analyser des images de couleurs utilisées en dermatologie en collaborant avec le Vancouver Skin Care Centre à des fins de recherche. En 2008, Mme Atkins est devenue membre auxiliaire du département de dermatologie de l’Université de la Colombie-Britannique, qui a accueilli la grande conférence internationale sur la dermatologie, qui a lieu tous les quatre ans, tenue à Vancouver en 2015. Une de ses anciennes étudiantes, Maryam Sadeghi, a fondé une entreprise à Vancouver, MetaOptima Inc., qui réalise des analyses intelligentes de la peau. Suite à sa participation à la conférence, MetaOptima est devenu un chef de file mondial dans le domaine des algorithmes d’apprentissage automatique permettant de détecter les mélanomes et d’autres maladies de la peau. Mme Atkins est conseillère scientifique en chef de l’entreprise et utilise l’apprentissage automatique et la télédermatologie pour diagnostiquer les maladies de la peau. L’entreprise a enregistré plus de deux millions de patients et plusieurs milliers de cliniques de la peau dans le monde.

Elle a publié plus de 65 articles et près de 200 documents de conférence révisés par des pairs, et déposé deux brevets (sur l’imagerie cutanée).

Elle a été pionnière à chaque étape de sa carrière en informatique, en mettant ses compétences au service de nouveaux domaines d’application en médecine. Elle a accompagné plus de 60 étudiants de premier cycle et deuxième cycle, dont bon nombre sont des femmes, et a remporté le premier prix de la SFU pour la supervision des diplômés.

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