Florian Kerschbaum, Université de Waterloo

Les recherches de Florian Kerschbaum, Ph.D., visent à élaborer des méthodes de protection des données qui permettent de les traiter efficacement. Ses contributions vont des schémas de cryptage permettant des requêtes complexes dans des données cryptées jusqu’à des applications axées sur le respect de la vie privée dans le réseau intelligent, en passant par des techniques fondamentales pour la compilation optimisée de calculs sécurisés.

Kerschbaum a régulièrement publié des articles dans d’importantes publications universitaires et ses étudiants ont remporté des prix internationaux comme le Prix de la meilleure thèse du SIGSAC (groupe d’intérêt spécial sur la sécurité, l’audit et le contrôle) de l’ACM. Il a été nommé titulaire de la chaire CRSNG-RBC en sécurité des données et désigné scientifique émérite de l’ACM, en plus d’être le premier directeur de l’Institut de la cybersécurité et de la vie privée de l’Université de Waterloo.

Un intérêt dès l’enfance

Kerschbaum s’intéresse à l’informatique depuis qu’il est enfant. Comme d’autres enfants de son âge en Allemagne, il voulait jouer à des jeux sur un Commodore. La réticence de son père à payer pour une marque connue a poussé M. Kerschbaum à découvrir la programmation.

« Bien sûr, mon père a acheté quelque chose de complètement obscur, alors la seule chance de jouer à des jeux était de programmer les miens. J’ai donc appris à programmer des jeux. Et j’ai fait de mieux en mieux. Puis mon père a été heureux de me soutenir en achetant de meilleurs ordinateurs. »

Il a ensuite appris C à l’aide d’un livre et Pascal à l’aide d’articles et de revues. Lorsqu’il a atteint l’université, il pouvait programmer dans plus de langues que les diplômés du programme. Son programme universitaire était axé sur les affaires, mais il a suivi des cours en informatique tout au long de ses études.

« J’ai obtenu des B dans toutes mes classes d’administration des affaires et des A+ dans toutes mes classes d’informatique. »

Du monde des affaires au milieu universitaire et vice-versa

Après avoir obtenu son diplôme, M. Kerschbaum a commencé une carrière en vente.

« J’étais extrêmement mauvais dans ce domaine. Ils ont été vraiment gentils avec moi, mais ils se sont rendu compte que je ne pouvais pas le faire. Je savais que je voulais en faire plus – quelque chose de plus technique. Je savais que l’Allemagne ne reconnaîtrait pas mon diplôme et que je devrais recommencer à zéro. Si j’allais aux États‑Unis et que je demandais l’admission dans un programme de maîtrise, l’université accepterait pleinement mes études comme l’équivalent d’un baccalauréat. »

Kerschbaum a été accepté à Purdue. Bien que son professeur, Mikhail Atallah, l’ait encouragé à poursuivre au doctorat, M. Kerschbaum avait d’autres projets en tête.

« Je n’étais pas vraiment prêt parce que je voulais voyager aux États-Unis. Je m’étais fait tout un tas d’amis d’autres pays à Purdue – j’étais à un point très intéressant de ma vie et je n’avais pas l’intention de faire un doctorat. »

Après avoir travaillé avec M. Atallah sur un projet devenu une entreprise en démarrage, il a réalisé qu’il était temps de faire un doctorat.

« J’avais 30 ans. J’étais vraiment vieux. Je devais réfléchir à la façon dont j’allais le faire. En Allemagne, beaucoup d’entreprises vous demandent de faire un doctorat tout en travaillant. Je me suis retrouvé chez SAP et j’ai eu la chance d’avoir un gestionnaire qui m’a pris sous son aile. Il m’a dit : « Nous voulons que nos étudiants au doctorat fassent ce que nous voulons, mais je peux voir que tu as tes propres idées. Tu vas faire les projets qui te sont assignés parce que ce sont des projets financés par l’État et qu’ils doivent bien aller, mais je veux aussi que tu travailles sur tes propres projets et je vais te soutenir. »

Kerschbaum est resté chez SAP pendant 10 ans et a amené la cryptographie appliquée et, plus tard, la confidentialité différentielle à l’entreprise. Après un changement dans la gestion et des coupures dans les projets, il a reconnu que le temps de changer était venu. M. Kerschbaum a enseigné tout au long de son passage chez SAP, mais il s’intéressait maintenant à l’enseignement et à la recherche à temps plein. Un ami de Purdue l’a encouragé à présenter une demande à l’Université de Waterloo. Il a reçu une offre en quelques semaines.

Regarder vers l’avenir

Kerschbaum concentre ses recherches sur des problèmes qui seront d’actualité pour les 10 à 20 prochaines années.

« À mesure que nous entrons dans l’ère des mégadonnées, tout le monde recueille des données et cherche des moyens de les exploiter. Nous avons franchi des frontières de nombreuses façons, comme le suivi sur le Web et le partage de données de façons que nous ne pouvons pas contrôler. Nous devons trouver un équilibre entre ce qui est socialement acceptable et les normes et règlements afin d’en tirer le maximum. Nous avons besoin de façons de traiter les données de façon sécuritaire et confidentielle. La technologie a un rôle crucial à jouer dans ce domaine. »

Reconnaissance des mentors

  1. Kerschbaum attribue sa reconnaissance de jeune chercheur exceptionnel aux nombreux gestionnaires et mentors qui l’ont pris sous leurs ailes. De son père, Peter Kerschbaum, qui a soutenu sa curiosité précoce, à Mikhail Atallah, son professeur à Purdue, à Orestis Terzidis, son gestionnaire chez SAP et à ses superviseurs au doctorat, Jörn Müller‑Quade et Günter Müller.

« Je suis très reconnaissant du soutien reçu. Je me sens très honoré par ce prix et je trouve merveilleux qu’Info-Can reconnaisse des chercheurs en début de carrière. En offrant de la reconnaissance à ce stade‑ci d’une carrière, elle fournit un grand tremplin pour l’avenir. »

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